04/01/2013

Free, bloque les annonces google, début d'une liberté du net compromise ?

English: Freebox V6
English: Freebox V6 (Photo credit: Wikipedia)

Le modèle économique du financement par la publicité est-elle en péril ?

Etat des lieux :

Les éditeurs de sites publient du contenu pour créer de la valeur ajoutée, que les internautes viendront lire gratuitement en échange d'un monayage du traffic par la publicité.


Google a ensuite commencé les hostilités en se faisant un peu d'automutilation en pénalisant les sites qui avaient de la pub au dessus de la ligne de flottaison y compris de son propre service "adsense" qui était dans le viseur.

Puis la presse qui veut une part du gâteau de google, parcque leurs articles sont référencés (je schématise).

Aujourd'hui Free vient de réaliser une prouesse technique, cette formidable société que j'admirais pour son audace, ses innovations vient de démontrer qu'il est facile de brider tout un système et que l'utilisateur lambada n'y peut rien. "Ceci est une révolution"

Un adblocker directement dans la box


Les utilisateurs freebox qui font la mise à jour de leur box ont un adblocker directement dans leur routeur, et il est activé par défaut. Un confort d'utilisation pour l'internaute ? Sûrement.

Pour les éditeurs de site qui vivent de la pub, c'est un gros problème. La plupart crient au scandale parcque si personne ne voit plus la pub, personne ne cliquera et l'investissement passé à écrire du contenu, ne sera plus financé. Il y a des tas de services qui fonctionnent sur ce principe et de plus en plus les applications gratuites sur mobile. 


L'e-commerce pourrait être impactée

Je ne sais pas si cette action a été calculée comme ça, mais la semaine prochaine, c'est les soldes. Et qui dit soldes dit investissement pub en adwords et autres pour avoir plus de visibilité. Si free a une part de marché d'1/4 des internautes français, ce sera autant d'audience en moins pour les sites ecommerce, donc moins de ventes, etc...

Le traffic sera incorrectement comptabilisé dans Google analytics

S'il n'y avait que les pubs google qui étaient visés, mais non, il y a aussi google analytics.
Même s'il existe des alternatives telles que piwik (que je ne connais pas encore, je vais m'y mettre), c'est l'outil qui permet de se rendre compte du trafic sur notre site et de négocier le potentiel de son audience.

Google avait lancé les not-provided qui nous cachent des informations tels que les mots clés tapés, mais chaque visite est quand même tracké. Avec ce bridage, le code de tracking n'est même plus appelé et par conséquent, même si ce n'est pas avec la pub que le site se finance, mais avec son traffic, elle sera amputée des utilisateurs free (pour l'instant, je suppose que cela peut se généraliser chez d'autres opérateurs, les condamnations pour entente illicite chez les opérateurs téléphoniques ne sont pas une légende).

La censure est donc techniquement possible

Ce que vient de prouver free, c'est que la censure hardware est techniquement possible, et qu'il leur est possible spécifiquement de déconnecter des contenus, les ayant droits, hadopi et tout le reste vont être content, il y aura moins de piratage et on pourra abolir la taxe sur la copie privée et tout le reste.

Le bridage ne se fait plus à la source (déconnexion d'un site), mais à l'arrivée chez l'internaute, ce qui peut présager une tonne de possibilité. ex : un freeadwords pour remplacer les pubs, remplacement de contenus par d'autres ?

On nous parle de développer les réseaux, des débits toujours plus importants, l'arrivé de la 4G, la fibre, le cloud, etc. Mais au final a quoi cela servira t'il lorsqu'il n'y aura plus d'éditeur qui génèreront du contenu ? On ne peut déjà pas voir de vidéo youtube correctement chez free par bridage volontaire, les offres légales ne sont pas assez étoffées.

Ah si, au contraire il y en aura toujours, mais seulement produit par les grands groupes qui ont la possibilité de s'autofinancer pendant que les autres crèveront. Ils réinventeront l'imode ou le wap ou on a un bouquet de service limité par l'opérateur et pour les autres contenus il faudra passer à la caisse.

Free par une mise à jour qui pourrait paraître anodine nous montre qu'en réalité, ce n'est pas google qui a le vrai pouvoir de vie ou de mort d'un site, mais les propriétaires des réseaux qui ont la possibilité de faire la pluie et le beau temps.

Bon, à part ça, quand est-ce que l'état va prendre une taxe pour financer les blogeurs ?